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 Insécurité : la solution improbable

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yann 35

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MessageSujet: Insécurité : la solution improbable   Lun 7 Mai - 20:05

Je précise, j’entends par insécurité dans cet article celle des cités, celle qui terrorise les habitants des quartiers et qui scandalise les téléspectateurs au 20h. L’insécurité routière, elle, a plutôt diminué malgré encore de mauvais résultats ô combien dramatiques. En revanche on ne peut pas dire que les choses se soient nettement améliorées dans les quartiers sensibles depuis 2002. Et pourtant les français continuent de plébisciter la politique de répression, attendue plus dure encore pour les prochaines années...

Alors par quel truchement cette politique de fermeté à l’égard des délinquants, qu’on peut finalement considérer comme désormais sans grande efficacité, pourra-t-elle se révéler salutaire dans les années à venir ? Ne faut-il pas considérer qu’elle fait désormais partie des politiques obsolètes pour notre société contemporaine ? Et dans ce cas, que faire alors pour non seulement endiguer cette accroissement de malveillance mais pour résorber durablement ce qui fait tant souffrir les citoyens à son encontre ?

Les mécanismes de la malveillance sont pourtant simples, ils reposent sur deux grandes motivations. Seulement nous ne considérons que la première, la seconde mettant à plat toutes nos idées reçues en matière de lutte contre l’insécurité. La première motivation des jeunes de cités, puisqu’il s’agit essentiellement d’eux dont il est question dans nos émissions, c’est une motivation de subsistance, la même qui pousse une mère de famille désoeuvrée à voler pour s’alimenter. Or il ne s’agit pas seulement d’alimentation pour ces jeunes, mais également de satisfaction de leurs envies de vêtements de marque, d’équipements hi-fi, de « maille » pour sortir le soir, etc... « Ils n’ont qu’à bosser pour se payer tout ça ! » pense le bon citoyen qui se lève tôt le matin. Soit. Cependant le cercle vicieux de la défiance fait qu’il est probablement plus difficile pour Rachid de trouver un emploi que pour Paul-Henri. En somme, nous créons nous-mêmes l’insécurité qui se retourne contre nous, d’où l’idée de « discrimination positive », comme si nous obligerions les employeurs à embaucher contre leur gré un certain type de salariés. N’est-ce pas là de l’interventionnisme d’état au plus haut point ? Et surtout nous considèrerions qu’il suffit simplement de donner un travail, quel qu’il soit, à un jeune pour qu’il cesse à jamais d’accomplir avec sa bande ses méfaits quotidiens. « Le travail ou la prison » suffirait à résoudre d’un coup de matraque magique le malaise des banlieues.

Vous y croyez vous ?

Or nous éludons totalement la deuxième motivation, plus profonde, plus pernicieuse et qui appelle à des solutions totalement novatrices puisque inexistantes jusqu’alors. Cette motivation, c’est l’excitation de la délinquance face à la morosité d’une promesse de vie médiocre. Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir qui vous auriez été, jeune, à la couleur de peau clairement identifiée parmi les européens, enfant de parents eux-mêmes contraints à la misère d’un HLM décrépi, sans accès à une éducation scolaire sereine et élitiste, sans accès aux postes les plus rémunérateurs ? Personnellement j’incline à penser, très honnêtement, que j’agirais comme eux dans le désespoir : en quête d’une vie relevée du piment de la délinquance. Qui n’a pas été fasciné par les vieux films de clans mafieux de haute volée avec Gabin ou Delon comme acteurs sublimes ? C’est exactement ce que recherchent la plupart de ces voyous, de ces « racailles ». Faire partie d’une bande qui leur apporte au quotidien l’adrénaline et l’argent facile, plutôt qu’un travail à l’usine qui leur apporterait à la fin d’un mois éreintant tout juste de quoi mettre à manger dans la gamelle. Et l’affrontement contre tout ce qui représente l’autorité, les forces de l’ordre en premier naturellement, ne fait qu’apporter plus d’excitation encore à leur quotidien, avec une violence à la mesure de la répression qui leur est infligée. Faites preuve de plus de fermeté, ils se régaleront du danger. Condamnez-le aux plus lourdes peines, ils n’en seront que plus féroces et mieux organisés à leur sortie. Pensez également aux agents de la force publique que nous enverrions demain au casse-pipe, combien faudra-t-il en sacrifier sur l’autel d’une politique qui, finalement, alimente la délinquance à mesure qu’elle entend la combattre ? Devons-nous envoyer l’armée au risque d’une guérilla dont les habitants paisibles de ces quartiers feraient les frais à coups sûrs ?

Pourtant nous sommes tous d’accord : il faut que ça cesse.

Je vous propose une solution innovante qui vous paraîtra peut-être farfelue, d’où le titre de cet article : la solution improbable. Puisque la répression, nous le savons maintenant, ne résoudra pas l’insécurité. Puisque cette répression coûte extrêmement cher à la société, en terme de budget pour la police, de frais de justice à répétition, de frais d’incarcérations à fortiori longues, d’indemnisations sans fin par nos assurances, etc... Je vous propose d’utiliser ce budget pour offrir aux délinquants un projet de vie aussi excitant que celui de la rue. Il s’agirait d’organiser un genre de loterie citoyenne, conditionnée par la bonne tenue de ceux qui y participeraient (ce qui les inciterait à patienter dans le calme). A cette loterie, les gagnants obtiendraient non seulement un contrat de travail, mais en plus une prime substantielle dès l’embauche, puis au bout de 6 mois ou un an d’activité. Ainsi nous substituerions à l’argent facile de la délinquance, l’argent facile de la bienveillance. Nous substituerions à un projet de vie basique au SMIC, un espoir de travail correctement rémunérateur. Nous donnerions l’impulsion d’un retour à la vie en société, nous ouvririons à nouveau notre cercle citoyen à ceux que nous montrons du doigt. Cependant cela suppose justement que nous acceptions de faire un « cadeau » à ceux que nous abhorrons, d’être généreux avec ceux qui nous sont hostiles. Pour notre bien à tous. Mais en sommes-nous capables ? J’attends votre réponse.

Yann

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MessageSujet: Re: Insécurité : la solution improbable   Jeu 17 Mai - 1:27

Entièrement d'accord avec toi yann. Posons nous une question : la bonne politique en matière de sécurite consiste t-elle à simplement punir l'acte ou à empêcher l'acte, quand un préjudice est subi on ne peut plus revenir en arrière donc la bonne politique consisterait à agir en amont plutôt qu'en aval. Alors bien entendu si l'on considère que les crimes et délits émanent de personnes en déficience génétique, il est évident que l'on va remplir nos asiles d'une bonne partie de la population issue de ce que l'on nomme les quartiers sensibles, mais si l'on considère que c'est le contexte dans lequel la plupart des délinquants évoluent qui est la principal cause, alors c'est le fonctionnement de la société qui est à repenser. Je pense qu'effectivement il faut mettre tout ces jeunes en activités, pour moi l'idée consisterait à suprimer tout les types d'allocations de revenu existants pour n'en avoir qu'une seule, que l'on pourrait appeler transit ou parcours sécurisé de la vie. cette allocation serait d'un montant d'environ 80 à 90 % du smic et en contrepartie chaque allocataire aurait 35 heures à faire partager entre la recherche d'emplois et des heures travaillées au profit des communes, associations, etc... cela aurait pour conséquences de lutter contre les abus de certains vis a vis des allocations chômage et de permettre à toute personne de garder un pied dans le travail. les jeunes personnes seraient alors en activité et seraient, j'en suis certain, moins enclins à commettre des actes de délinquance, enfin il n'y aurait que du bon. En outre la recette de cette allocation ne serait plus assise sur les charges patronales et salariales mais sur la tva, ce qui permettrait une modularité sans pour autant affecter nos entreprises dans leurs exportations. Je pense que l'insécurité relève d'une politique globale et non précise comme l'ont pratiquée tous les ministres jusqu'a présent.
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yann 35

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MessageSujet: Re: Insécurité : la solution improbable   Jeu 17 Mai - 10:31

Oui il faut agir en amont, faire non seulement de la prévention mais aussi de la "déviation" de la délinquance, à savoir aiguiller ces jeunes vers une vie civile agréable plutôt que les laisser glisser dans la violence et les trafics. Or je ne suis pas persuadé que les "contraindre" à se lever tôt pour réaliser des tâches auxquels il n'auraient été ni préparés, ni formés, ni impliqués, et ce pour 600 ou 700 euros, je ne suis pas persuadé qu'ils adhèreront facilement et que cela les dissuadera de l'argent facile et de l'excitation de la vie en bande. En revanche je te rejoins plus largement sur le fait que le versement d'une allocation de remplacement devrait être beaucoup plus encadrée et assortie de travaux civiques en contrepartie pour rester dans un rythme de travail, mais là je parle des gens qui ne sont pas tombés complètement dans la folie délinquante des banlieues. Dans tous les cas la plupart des principaux candidats à la présidentielle 2007, dont notre président, étaient favorables à une activité minimum pour le versement du RMI en particulier. Et je te rejoins également sur la nécessité de simplifier, et donc de réduire à une seule allocation tous les types de revenus de remplacement, à commencer par le RMI et l'ASS qui sont pratiquement du même montant. Mais là c'est un autre sujet que l'insécurité.

Pour revenir à cette solution improbable, je pense qu'il sera plus efficace, mais non moins difficile à faire accepter à une partie des français, de verser aux jeunes délinquants un "capital" de (re)départ dans la vie citoyenne, à savoir de l'ordre de 5000, 6000 ou 7000 euros, ce qui lui permettrait directement de prendre un appartement hors de sa cité, de s'acheter des meubles, de la hi-fi/vidéo ou un véhicule évidemment. Je sais, ce serait choquant presque de donner autant d'argent à des voyous, mais c'est pourtant la solution qui me parait la plus jouable et nous n'y perdrions pas, je vous l'assure, en terme de budget public. En revanche comme nous n'aurons pas directement le budget et les postes vacants pour placer tous ces jeunes en même temps, il y a le principe de la loterie avec un calcul fait en sorte pour que chaque jeune soit "tiré au sort" dans l'année au moins. Et plus le jeune se conduirait bien, plus il gagnerait de points et donc de chances d'être tiré au sort, ce qui les inciterait du coup à patienter dans le calme...
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samuel



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MessageSujet: Re: Insécurité : la solution improbable   Mar 26 Juin - 0:33

Je suis entièrement d'accord avec vos articles. Il est vai qu'en France on ne fait que 2% de prévention toutes catégories confondues. Est-ce suffisant? Je ne crois pas. Arrêtons de louer les louanges d'une répression inutile et sans intérêt qui vise juste à faire plaisir à certains "extrêmistes citoyens". Plusieurs projets peuvent être élaborés. Je n'ai pas la prétention de dire que ce sont les meilleurs. Si on rétablissait un milieu d'échange entre nos forces de l'ordre et les jeunes, une police de proximité, si on ajoutait à la loi SRU, une obligation de "panacher" les logements à caractères sociaux pour éviter une concentration de population défavorisée, une repopulation des banlieues par les écoles et commerçants, l'institution de médiateurs pour la jeunesse et les conseils d'ordres administratifs... Et j'en passe, je ne suis pas non plus utopique mais ces projet peuvent redorer le blason des banlieues et en faire des quartiers comme les autres et non plus des ghettos coupe-gorge.
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